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Créer son entreprise, c’est avant tout faire des choix. Chacun de ces choix est essentiel. Ensemble, ils garantissent la cohérence d’un projet et l’authenticité des valeurs que l’on défend. 

Dans ma vie d’entrepreneur, le premier choix que j’ai fait a été de travailler uniquement du coton bio et équitable. Ça a aussi été le plus difficile à assumer. 

J’ai d’abord cherché un tisserand qui portait ce label et je n’en ai trouvé aucun : 

« on n’a pas l’habitude de travailler ces matières, Madame. Et puis vous savez, ça pose des problèmes d’approvisionnement, ça implique des délais… ». 

J’ai alors changé de stratégie : 

« Et si je gère l’approvisionnement, si je les trouve moi-même, ces fils. Accepteriez-vous de travailler avec ? »

A nouveau, j’ai eu de nombreux refus : « travailler des fils qu’on ne connait pas, ça demande beaucoup de réglages sur nos machines… On veut bien essayer mais il faut commander 2000m de chaîne ». 

Petit calcul rapide dans ma tête : 2000m de chaîne = 4000m d’écharpes / 5m par écharpe en moyenne = 800 écharpes ! 

Mon projet, j’y croyais dur comme fer, mais j’avais à ma disposition 7000€ de prêt de mes parents pour tout boucler. Autant dire, mission impossible ! 

 

J’ai alors compris 2 choses : 

  1. Les industriels aiment les volumes et les routines. Pas par fainéantise mais par soucis d’efficacité. Par habitude aussi.
  2. Quand on a ni l’un ni l’autre, il ne nous reste qu’une seule solution : trouver LA personne qui vous choisira pour vos valeurs, pour l’idée que vous défendez et non pour votre rentabilité. Ce n’est pas VOUS qui misez sur un industriel, c’est LUI qui mise sur vous. 

J’ai appelé tous les tisserands de France… TOUS ! Et puis un jour, j’ai croisé une personne qui m’a répondu « Pourquoi pas ? Nous, on aime bien tester de nouvelles choses. Envoyez-moi les fils et on essaie sur une petite chaîne ».

Ça y est, j’avais un pied dans la porte, pas question de l’enlever. J’allais pouvoir tisser mes écharpes ! Il ne restait qu’un seul petit détail : il fallait trouver le fil maintenant… Je vous en parle dans un prochain article.